Lieutenant-colonel Timothy Ba-Taa-Banah, chargé de la sécurité du port de Tema

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer votre lien à la France ?

Je suis né dans un camp de missionnaires catholiques, avec des prêtres et des sœurs français, auprès desquels j’ai pu apprendre la langue française, que j’ai continué à l’école. J’ai aussi été professeur de français pendant mon service national ghanéen. Avec l’armée j’ai été envoyé en RDC, au Rwanda et en Côte d’Ivoire, pays francophones, et enfin j’ai suivi la session de l’école de guerre à Paris en 2010.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez su que vous partiez en France, et une fois arrivé ?

J’étais déjà allé en Europe, en Espagne, en Allemagne et en Suisse, mais je me réjouissais vraiment de pouvoir aller en France, car je connais l’histoire de France avec ma formation auprès des prêtres. J’ai donc eu la chance de voir physiquement des lieux tels que la chapelle Saint-Gildard à Nevers, la Normandie avec Lisieux, et Paris avec Montmartre.

Que vous reste-t-il de cette expérience en France ?

Au niveau professionnel, seulement des militaires à haut potentiel sont sélectionnés pour intégrer l’école de guerre, il s’agit donc d’un brevet reconnu qui m’est utile aujourd’hui. Les compétences acquises me sont utiles pour mon travail en inter-agence, et font la différence pour délivrer un travail de qualité lors de missions importantes sous pression. Je peux aussi facilement communiquer lors de mes nombreux contacts avec les pays enclavés que je rencontre à Tema, et me confère un certain aspect diplomatique. Enfin, je tente de faire le parallèle entre la fraternité de la devise française et la relation que nous avons entre officiers supérieurs au Ghana.

Et votre point de vue sur la France ?

La France est un pays de libertés où il est agréable de voyager, avec une population très accueillante. J’ai pu être surpris par rapport à l’image que je m’en faisais au Ghana, quand j’entendais parler des villes et de leurs monuments. Mais j’ai tout de même pu visiter environ cinquante cathédrales dont celles de Chartres ou Nice !

Comment voyez-vous les relations à la France et au français ici au Ghana ?

Les autorités ghanéennes doivent s’inspirer de ce qui se fait en France, pour garantir des opportunités égales concernant l’éducation, les soins et l’accès à l’armée, quelles que soient les régions. Autrement cela créé un sentiment de division et potentiellement des conflits. Il faut donner sa chance à tous, à chacun ensuite de la saisir individuellement. J’apprécie aussi le travail de l’alliance française, mais les programmes qui font découvrir la France doivent être étendus dans tout le territoire, les gens de Wa doivent également pouvoir y accéder. Il faut sensibiliser les étudiants, les soldats à apprendre le français, car ce sont des opportunités pour travailler à l’Union Africaine, à la CEDEAO ou à l’ONU.

Un mot de conclusion ?

L’école de guerre forme des experts militaires, et je suis fier d’en faire partie, mais pour garantir la stabilité il faut aussi voir que nos sociétés doivent être capables de mieux se comprendre et pour cela l’apprentissage du français et des cultures dans la région est un élément indispensable.

Dernière modification : 23/09/2016

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